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 Azhrarn - L'insoutenable pureté de la neige ensanglantée

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Azhrarn
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MessageSujet: Azhrarn - L'insoutenable pureté de la neige ensanglantée   Sam 25 Aoû - 19:00

Les Vikings étaient de remarquables marcheurs. Ils avaient débarqués de leurs drakkars et se dirigeaient maintenant vers les deux abbayes.
Les moines tonsurés s'affolaient, certains priaient les yeux fixés sur la grande croix sertie de pierres précieuses, d'autres priaient en fixant l'horizon d'où provenaient les pillards du nord. Enfin les derniers regardaient les soldats francs et frissonnaient d'inquiétude.
Ils étaient jeunes et leurs armures étaient rouillées, les armes émoussées. Et surtout les bras étaient trop frêles ; la peur, la mort hantaient les yeux de ces enfants en cotte de maille.
Ils étaient cinq douzaines et surveillaient la forêt. Leur chef, le seul à cheval, sentait leur manque de confiance. Il prit une grande gourde qu'il lança à sa compagnie.

"BUVEZ ! CA VA VOUS RECHAUFFER LES BOYAUX. CHANTEZ, CHANTEZ QU'ON VOUS ENTENDE JUSQU'AUX BORDELS DE LUCIFER. FAITES BOUFFER LEURS TRIPES A CES BARBARES !
Et ne vous affolez pas. On va tenir jusqu'à ce que les chevaliers du Comte arrivent et les massacrent."

On entendit alors le bruit de la marche. Des dizaines de pieds foulaient, écrasaient la terre à un rythme redoublé. Le tonnerre s'était incarné en une marche assourdissante. La marche se transforma en course, si rapide que les plaques de métal des armures semblaient voler et grinçaient comme des dents gigantesques. Les épées frappaient les boucliers et les vikings hurlaient, oubliant leur fatigue dans une rage meurtrière.

Les soldats francs blêmirent, serrèrent de leur mains tremblantes, leurs piques et javelines. Quelques traits fusèrent sans grande efficacité, rebondissant sur les boucliers nordiques. Un seul des pillards s'écroula, touché à la gorge qui exhala une longue trainée vermeille. Ses compagnons furent à peine ralentis, ils le piétinèrent, enfonçant les vertèbres, brisant son dos et ses os.

La horde viking rencontra les Francs qui cédèrent au premier choc. Et les vikings riaient en les pourchassant, les masses écrasant les cervelles et les crânes en une bouillie brunâtre.

C'est alors que retentit le cor.


-*-


Nous se sommes pas très nombreux, une poignée de chevaliers. Les barbares massacrent les guerriers de l'abbaye et se dirigent déjà vers les trésors et les futurs esclaves.
J'ai mal au crâne, mes pensées sont chaotiques. La fureur est partout autour de moi. Je suis perdu, je me demande même qui je suis : un obscur homme d'arme, un sergent à cheval du nom de Paul.
Le comte nous regarde, nous n'avons qu'une seule chance, attendre que l'ennemi croit déjà la bataille gagnée afin que notre charge soit décisive.
Le comte prend le cor, le porte à ses lèvres et ordonne la charge.

Nos destriers piaffent comme des démons et nous hurlons à nous faire éclater les poumons. Les vikings sont pris au dépourvu. Ma lance frappe l'omoplate d'un grand gaillard blond et se brise en le transperçant. Il est cloué au sol. Ses bras et ses jambes s'agitent frénétiquement, il tend les mains vers le tronçon qui l'a pourfendu. Tranquillement, je guide mon cheval vers lui et les sabots écrasent posément le côté gauche de l'homme.
Je souris, les vikings semblent au bord de la déroute. Quand je les vois et entends :
" Odin, Odin !!! Donne nous le courage du loup, nous t'offrons les yeux et les langues de nos ennemis, nous t'offrons le sang encore chaud de leurs filles pour purifier tes autels !"
Leurs yeux sont devenus jaunes, leurs langues pendent de leur bouche, ils hurlent et nos chevaux commencent à s'affoler, à vouloir fuir. Les chevaliers sont désarçonnés par leurs destriers devenus fous ; et le cours de la bataille change à nouveau.

Je tombe du cheval et me débarrasse de ma défroque de Paul le sergent d'arme. Je sais à nouveau qui je suis, et je souris ; les lycans se sont dévoilés. Ils ne sont cependant que des chiots et ma vengeance doit s’abattre sur les anciens, Odin par exemple, pour un jour atteindre Sobek. Mais jamais le vampire Azhrarn ne pourra s’approcher du Dieu du nord sans être repéré et mis à mort par les hordes des lycans et des berserkers qui le servent.
Mais ce que ne peut faire un prédateur est parfois possible pour du gibier.
Les derniers guerriers francs se battent avec l’énergie du désespoir, ils savent qu’il n’y aura pas de quartier. Tant mieux, cela me laisse un peu de temps.
Je me précipite à l’intérieur d’une des deux abbayes jusqu’à ce que je trouve. C’est une toute jeune fille à la beauté paysanne sous une couche de crasse, l’offrande rêvée pour Odin. Elle n’a pas le temps de réagir, je plaque mes mains sur les côtés de sa tête et je m’empare de son esprit.
Ou tout du moins, j’essaie. Elle me résiste.

-*-


Harald Blatand venait de pénétrer dans le palais d’Odin, qui n’était rien d’autre qu’une grande pièce sculptée dans la glace. Il était un grand roi, le premier des Danois. Il était respecté et craint dans son royaume et les pays d’Europe. De grandes expéditions et conquêtes avaient forgé son âme et son courage ; et il n’allait certes pas se limiter au Danemark, d’autres terres l’attendaient. Il était très grand et de forte carrure, si puissant qu’on y réfléchissait à deux fois avant de se moquer de ses dents noires et gâtées. Il croyait avoir une âme inébranlable.
Et pourtant ce qu’il voyait était insoutenable ; les démons l’entouraient, se prélassaient sur des couches de plume et sous des couvertures de laine. Certains étaient des hommes à face de loup, d’autres des loups au visage humain. Parfois la partie lupine ne touchait qu’une partie du torse. Le chaos et les croisements étaient innommables.
Le roi Harald eut un haut le cœur, la bile lui monta à la bouche, il serra le manche du long poignard qu’il avait à la ceinture.
«
- Harald, Harald, puissant roi des Danois, ne crains rien. Ceci est ma cour et nul ne portera la main, ou la griffe sur toi, si tel n’est pas mon désir. Comprends-tu maintenant la différence entre un roi et un dieu ?
- Seigneur Odin, je suis venu comme tu me l’as ordonné. »
L’être qui venait de s’adresser à Harald était un homme de près de dix pieds de haut. Alors que le froid régnait dans la pièce, il était torse nu, solide comme un taureau. Son visage était celui d’un homme mûr mais il était à peine ridé. Sa chevelure était blanche comme la neige. Et il était borgne, à la place de l’œil droit, il n’y avait qu’une orbite béante et d’un noir absolu. Deux corbeaux, longs et efflanqués étaient perchés sur ses épaules. Ils semblaient lui parler à l’oreille et, de temps à autres, ils prenaient quelques bouts de chair à la carcasse de cheval au pied d'Odin l'Ancien. Deux loups gigantesques de près d’une demi-tonne se repaissaient également de la dépouille.
«
- Harald, seigneur des Danois et bientôt mon adorateur, tu me sembles un peu… effrayé.
- Intimidé plutôt, seigneur Odin, par tant de choses.
- On affirme que des missionnaires chrétiens auraient une certaine influence à ta cour. En tant que maître du panthéon nordique, cela m’indisposerait. J’espère que tu n’es pas touché par ces inepties. Sinon tu aurais l’impression d’être entouré par des démons.
Ils constituent ma garde, mes lycanthropes. Je les nomme les templiers.
- Les démons ne servent aucun dieu, ils ne servent qu’eux même.
- Cher Harald, ces lycanthropes n’ont pas le choix, ils doivent me servir et ne peuvent servir personne d’autre. Mais je te l’accorde, même moi, je ne peux pas totalement asservir l’esprit d’un être.
- Ils pourraient donc...
- NON, ils ne peuvent pas. Laisse-moi te le démontrer, mon futur vassal. Laisse-moi te présenter celui qu’on appelait le tueur de vampires – voilà de vrais démons -, la fierté de mes templiers. »
Odin fit un geste et les portes de la pièce s’ouvrirent sur l’extérieur où soufflait un terrible blizzard. Il tendit le bras et commença à le ramener lentement vers lui. Harald discernait à l’horizon une grande croix de bois entourée de plusieurs plus petites. Elle se mit à bouger, synchronisée avec le mouvement d’Odin. Elle s’approcha rapidement jusqu’à entrer dans la pièce. Un homme y était crucifié.
« Voilà ami Harald, celui que je voulais te présenter. Le tueur de vampires qui fut mon plus terrible guerrier et qui a préféré, plutôt que de m’adorer, protéger sa famille humaine, veiller à son bien-être. Des rêves de paysan et non de combattant. Bien entendu, si lui a survécu au blizzard, je doute que ce soit le cas de sa famille, je n’ai donc pas jugé utile de les amener ici, eux et leurs croix.
Il est fort probable qu’il me haïsse maintenant. Il est très puissant, suffisamment pour impressionner les dieux eux-même. Et pourtant je vais le libérer, lui présenter mon dos et tu verras, incrédule Harald, qu’il ne peut rien faire. »
Les liens du crucifié sautèrent et il se retrouva libre. Il sauta au bas de sa croix avec une grâce féline. Et il se transforma. Les muscles doublèrent de volume, sa peau prit d’abord une teinte cuivré et sembla plus solide que le fer, elle se couvrit ensuite d’un poil noir et dur, le museau s’allongea et les ongles se transformèrent en griffes noires, dégoulinantes d’un pus acide.
Odin lui tourna le dos.
Le loup-garou s’approcha doucement. Sa peau commença à bouillonner, à se fissurer et des gouttes de sang commencèrent à tomber sur le sol. Il frappa alors à une vitesse fulgurante, pratiquement invisible à l’œil nu. Mais les griffes n’eurent pas le temps d’atteindre Odin, la peau du loup-garou avait cédé partout, les muscles et les chairs avaient jailli du corps, éclaboussant toute l’assistance de viscères et de sang.
Le loup-garou avait explosé.
« Même si l’esprit se rebelle, le corps ne peut le faire. Voilà pourquoi les Templiers seront toujours fidèles au seigneur Odin. »

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MessageSujet: Re: Azhrarn - L'insoutenable pureté de la neige ensanglantée   Lun 3 Sep - 23:57

N'hésitez pas à mettre vos remarques et vos commentaires.

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MessageSujet: Re: Azhrarn - L'insoutenable pureté de la neige ensanglantée   Ven 7 Sep - 19:16

Est-ce que tu vas écrire une suite? C'est très joli..Merci pour cette lecture Azhrarn.../
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Azhrarn
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MessageSujet: Re: Azhrarn - L'insoutenable pureté de la neige ensanglantée   Lun 15 Oct - 22:16

La nuit était tombée sur la plaine scandinave. Le vent gémissait dans les branches des arbres décharnés. La neige tourbillonnait en des volutes blanches qu’illuminait la lune blafarde avant de se déposer sur le sol glacé, recouvrant des trainées écarlates.
Deux êtres entrèrent dans la clairière. Le premier resta plus en retrait. Il n’était pas très grand mais extrêmement large d’épaule. Malgré le début de blizzard, il était torse nu et les flocons qui le frôlaient se sublimaient en une vapeur argenté. Son visage était carré, à peine adouci par une courte chevelure, et les yeux noirs et perçants scrutaient l’obscurité.
« Nous arrivons trop tard. Les évènements semblent être assez vieux, nous avons manqué l’essentiel, la neige a masqué les dernières traces de sang. »
Cela fit rire son compagnon, un être grand et longiligne. A première vue, il semblait âgé, une impression confirmée par de longs cheveux gris, des pommettes saillantes, des yeux enfoncés dans leurs orbites. Mais sa vigueur était impressionnante, sa peau semblait être de cuir. Il se déplaçait avec une grâce de prédateur.
« Il n’est jamais trop tard, Duc. L’inanimé s’exprime parfois, surtout à nous les vampires. »
Il fouilla un peu dans la neige avant de trouver une pierre avec une tâche brunâtre.
« Regarde Duc ! La psychométrie est un art délicat, celui de lire les résidus d’auras sur les objets et devoir les évènements qui y sont liés. Je suis sûr que cette pierre a énormément à nous apprendre. »


- La créature monstrueuse venait d’apparaître. Lars avait été le plus rapide, il avait été le premier à repérer le loup-garou et donc le premier guerrier danois à réagir. Il avait l’effet de surprise, le lycanthrope ne s’attendait pas à une embuscade si près du domaine d’Odin. Lars ne jurait que par ces armes franques, ces arbalètes aux traits puissants capables de transpercer un homme en armure. Il avait dépensé une fortune pour en avoir quatre. Il tira les quatre carreaux.
Le premier perfora le cœur du lycan dans un choc sourd d’os brisé. Le deuxième fit un claquement sec en fracassant la clavicule et en clouant la bête à un arbre. Le troisième eut un choc mou, en explosant l’œil, il se brisa en deux, la pointe prit une trajectoire diagonale après avoir pénétré l’orbite, elle brisa le nez. Le quatrième se ficha dans la main du lycanthrope qui l’avait levée pour parer le trait. Dans le même mouvement, il se baissa, attrapa une pierre avec une force qu’aucun frondeur ne pouvait atteindre. Elle rebondit sur le casque de fer de Lars, le déformant et écrasant le crâne du guerrier danois. –


La pierre ayant révélé son histoire, le deuxième objet fut un bout de lance brisé.

- Soren et Henrik venaient de voir tomber Lars, le crâne fracassé. Ils saisirent leurs lances et se précipitèrent en même temps sur le loup-garou qu’ils transpercèrent au niveau du sternum, le clouant à l’arbre derrière lui.
D’un mouvement sec, la bête brisa les lances au niveau des zones de perforations. Il reqtait cloué à l’arbre mais n’en avait cure. Il retourna les bris de lance aux envoyeurs. Soren, par miracle, ne reçut pas le projectile de plein fouet. Il lui fracassa la mâchoire et le sonna. Henrik par contre reçut le projectile en pleine gorge, elle fut arrachée par l’impact et Henrik décapité. –


Le vampire se dirigea vers l’arbre où avait été cloué le lycan. Il y trouva un débris de métal brunâtre de sang.

- Jan et Ole venaient de voir tomber Soren et Henrik. Ils avaient levé leurs grands boucliers et en hurlant s’étaient précipité sur le loup garou qui fuit heurté avec force et d’autant plus cloué à l’arbre. Les deux scandinaves avaient brandi leurs terribles haches acérées et frappèrent dans l’interstice entre les deux boucliers. Ils frappèrent encore et encore… jusqu’à ce que le loup-garou soit littéralement coupé en deux. –
Les deux vampires se regardèrent, ils avaient potentiellement trouvé des alliés contre les lycanthropes et leurs maîtres, les anciens. La psychométrie fut utilisée une dernière fois et les deux vampires entendirent une voix :
" Ils saignent et ils meurent. Non, seigneur Odin, tu ne feras jamais du Danemark une nation d’esclaves tant que j’y règnerai. "
-


-*-


Oh Seigneur ! Aide-moi, je suis ton humble servante. Par les Saints, pourquoi suis-je donc plongée dans cet enfer ? Seigneur, pardonne-moi le pacte que j’ai signé avec cette créature des ténèbres ? Où suis-je ? Dans un enfer de froid et de neige, où errent des monstres, des loups à forme humaine.
Je sais que j’ai pêché. Mais je t’en supplie, aide mon enfant. J’ai vendu mon âme à cette créature qui occupe maintenant mon corps, ce vampire, cet Azhrarn ! Fasse, oh mon dieu, que cette créature des ténèbres tienne sa promesse.
Seigneur, donne-moi un signe de ta présence et de ton omniprésente bonté. J’ai vu des loups se jeter et dévorer mes compagnons d’infortune, des esclaves ramenés par les vikings de leurs expéditions. J’ai vu une jeune fille se transformer en bête féroce et décimer des villages en riant comme une enfant. J’ai vu un homme grand comme un arbre brandir une épée aussi grande que lui et pourfendre un chevalier et sa monture.
Mais je sais Seigneur, que tu n’aides pas les pauvres êtres tels que moi. Je ne suis pas importante, une femme sans nom. J’ai vendu mon âme à ce vampire, je le laisse libre d’user de mon corps, il l’a fait entrer dans le repaire des lycanthropes, des Templiers dévoués au dieu païen Odin.
J’ai peur mais je ne reculerai pas. Azhrarn désire que je m’approche de cet Odin. Les yeux des loups, des monstres de cet enfer glissent sur moi, je ne suis qu’une pitoyable proie. Seigneur, comment peux-tu accepter ces monstres ? Comment peux-tu accepter que ton humble servante ait à vivre une telle situation ? Dieu ne peut être vivant, le Diable règne sur le monde.
S’il existe une puissance supérieure existe, qu’elle fasse qu’Azhrarn tienne sa parole. Je vais pour lui m’approcher de ses ennemis. Je ne suis plus qu’à quelques pas d’Odin. Et lorsque je serais suffisamment près, je mourrais pour laisser place à ce vampire.
Je vous en prie, fasse qu’Azhrarn tienne sa promesse, qu’il protège mon enfant, ma descendance. Je lui ai donné mon âme et mon corps.

-*-


Odin était amusé. Ses loups tourmentaient les esclaves humains terrifiés. Parfois de temps à autres, les jeux devenaient plus violents et un être mourrait. Il aperçut une jeune femme dont la peur faisait plaisir à voir. Elle se dirigeait vers lui.
Il eut un haut-le-cœur, de la bile était remontée de son estomac et emplissait sa bouche d’un goût amer. Il sentit une douleur sourde au niveau du cœur. Et une odeur âcre commença à se répandre ; cela sentait la terre et les vers, la tourbe et le marécage putride. Et Odin savait que cela provenait de lui.
Les Anciens étaient les êtres les plus âgés sur cette Terre. Et ils se prétendaient immortels. Les vampires se nourrissaient de sang, les lycanthropes de chair, les deux avaient suffi aux Anciens dans le passé. Mais pas dans le présent.
Il avait provoqué Harald Blatand et l’armée danoise s’était rassemblée. Des milliers de guerriers scandinaves allaient venir et tenter d’éradiquer la meute des lycanthropes. Les combats et les morts allaient être terribles. Peut-être suffisamment pour que les douleurs arrêtent de tourmenter Odin et qu’il ne sente plus la mort.
Mais en attendant, il pouvait déjà se nourrir de la frayeur et de la mort de l’esclave qui approchait. Il tendit le bras vers la femme. Elle se mit à courir vers Odin, sa peau commença à couler comme de la cire, un masque qui disparaissait. En lieu et place de la proie se dressait Azhrarn s’élançant contre l’Ancien Odin.

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MessageSujet: Re: Azhrarn - L'insoutenable pureté de la neige ensanglantée   Mer 17 Oct - 20:14

magnifiques texte mon ami ... toujours une j,oie de lire tes dons litteraires Smile

amicalement,

orlov

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MessageSujet: Re: Azhrarn - L'insoutenable pureté de la neige ensanglantée   Mer 21 Nov - 3:15

Le vent humide et glacé faisait voltiger les flocons de neige. Le duc vampire s’amusait avec eux, les laissant se poser sur la paume de sa main ; il évitait de trop la bouger afin de ne pas les éparpiller. Il fit ce petit jeu pendant une bonne quinzaine de minutes, jusqu’à ce que la neige le recouvrit d’une fine couverture laiteuse.
L’autre vampire marchait sur les pierres plates affleurant la surface de la rivière. Elles étaient glissantes mais sa démarche restait toujours aussi assurée et féline. Par endroit l’eau charriait des petits bris de glace qui s’accrochaient et fondaient sur ses bottes.
A peu de distance, se dressait un énorme campement de dizaines ou plutôt de centaines de tente. Parsemées entre elles, avaient été allumés des brasiers de charbon qui peinaient à survivre sous la neige. Ils étaient protégés par des foyers de pierre et recouverts de peaux de bête.
Et près de ces feux se trouvaient des dizaines de râteliers d’armes sur lesquelles s’affairaient des centaines d’hommes. Ils aiguisaient des haches, des épées, affûtaient des poignards, des pointes de javelot, renforçaient des boucliers, polissaient des casques et des écus. Ils ne souriaient pas et étaient concentrés à préparer leurs équipements.
Certains faisaient des exercices d’escrime ou s’amusaient à frapper sur des boucliers, d’autres se contentaient de faire des abdominaux ou de soulever des masses. Enfin certains écoutaient les scaldes parler des vieilles épopées, de Siegfried, de Fafnir, des Niebelungen et des Valkyries, des grandes batailles et des épopées sanglantes. Ils ne riaient pas, ne commentaient pas, ils se contentaient de boire les paroles.
Dans moins d’une journée, ils allaient vivre une de ces sagas, une de ces guerres héroïques, celle de l’armée danoise d’Harald contre les templiers lycanthropes d’Odin. Peu d’entre eux s’attendaient à voir le jour suivant, tous avaient peur mais aucun n’hésitait.
L’un des foyers explosa en un pilier de flammes noires. Les soldats surpris reculèrent mais très vite, avec un sourire aux lèvres, ils se mirent à frapper leurs boucliers de leurs armes, certains se mirent à chanter. Ils formèrent un cercle autour du terrible brasier où on pouvait deviner une forme.
Le duc vampire aimait faire des entrées remarquées. Il fronça néanmoins un sourcil car la réaction n’était pas celle qu’il attendait. Les guerriers scandinaves impressionnés, voire effrayés, avançaient cependant, leurs armes luisantes dressées.

«
- Attendez ! S’exclama le vampire. Je viens en paix. Je viens de la principauté de Novgorod, je suis le duc Magendra. Et je viens proposer de vous aider.
- Ce n’est pas un humain ! S’écria l’un des soldats.
- Non, je suis un vampire. Et les vampires sont les ennemis des lycanthropes et de leurs maîtres, les anciens. Les ennemis de mes ennemis sont mes amis.
- COURAGE ! COURAGE ! Scanda l’un des soldats.
- FOI ! Cria un deuxième.
- VOLONTE ! Hurla un troisième.
- COURAGE ET VOLONTE ! COURAGE ET VOLONTE ! Reprit toute la troupe.
- Les vampires chassent les hommes comme des lapins !
- Ecoute notre réponse, vampire. Bientôt tu entendras aussi le chant du fer. COURAGE ET VOLONTE ! »
Le duc voyait les soldats s’avancer. Il leva les bras, les flammes du brasier qui l’environnaient, s’intensifièrent. Puis s’éteignirent d’un coup. Le duc avait disparu.

A plusieurs centaines de mètres de là, près de la rivière, le duc se débarrassa de la fine couverture de neige qui s’était déposée sur lui pendant sa transe et la projection de son image. Il se tourna vers son compagnon.
«
- Je crois que la réponse est claire. Je doute que le Prince l’apprécie. Nous ne pourrons utiliser des humains contre les anciens et les loups-garous.
- C’est clair comme de l’huile de roche.
- Quelque chose te tracasse, Majestic. Tu es le meilleur de nos guerriers, dis-moi si tu penses que les Danois ont une chance.
- Ils sont à trente contre un, peut-être même plus. On n’a pas vu de combattants aussi aguerris depuis les Huns. Ils sont de plus, ce qui est rare pour ce genre d’armée, disciplinés et semblent être d’un courage incroyable, de vrais berserkers. Si une armée a une chance contre les Templiers d’Odin, c’est celle-là. Mais on a moins de courage et de conviction quand un loup-garou broie vos compagnons, qu’il semble trop rapide pour vos flèches, qu’il brise les armures comme des coquilles. Et que vous sentez son souffle sur votre cou. Sont-ils prêts aux pertes effroyables et nécessaires pour détruire les Templiers ?
- Dis-moi ce qui te tracasse, Maj ?
- Tu n’as pas remarqué ? La plupart de ces soldats ont les mains nues, certains même ont le visage découvert. Pourtant cette nuit, le froid est glacial. Aucun homme ne supporterait un tel froid sans le moindre tremblement. Alors une armée entière… »


-*-


Odin l’Ancien se dresse devant moi, surpris. Il n’a pas le temps de réagir, ma lame le touche à l’épaule, brise la chair, la clavicule, s’enfonce profondément dans la poitrine, arrache le cœur, crisse sur les côtes avant d’être stoppée au niveau des reins.
Ma main gauche surmontée de griffes acérées le frappe au niveau de la joue droite, l’arrachant. L’une d’entre elle se brise en deux sur une dent, la pointe s’enfonçant comme une pique dans la gorge.
Et pourtant il rit. Je ne peux pas le croire. Ses blessures se referment pratiquement instantanément. Il tend le bras dans ma direction – j’ai l’impression que sa main est une serre – et je commence alors à étouffer. Ma gorge est tordue par la pression. Ma vue se trouble. Je sors un poignard et le lance de toutes mes forces, la lame l’atteint dans le front et s’enfonce jusqu’à la garde. Je respire à nouveau.
Mais dans mon état de faiblesse, je perds l’équilibre et je roule sur le sol. Quel imbécile que de croire que je pouvais le détruire sans le don de Claire.
Je me relève. Je les vois, ils m’encerclent, la bave coule de leurs crocs. Les loups-garous sont là.
« Bien. Etonnant Azhrarn, ton petit tour de sorcellerie. La possession a été utilisée de manière originale. Sobek dit le plus grand bien de toi. Il va être déçu d’avoir manqué ton retour. Allez mes petits loups, voici une proie que vous trouverez à votre goût. Mais attention ce vampire est coriace. »
La meute, il faut que je les repère et détermine leurs forces rapidement. Une louve énorme dont les pieds labourent le sol de pierre – la force brute -, un en toge dont les bras démesurément longs tiennent des pilums, avec à ses cotés un chien à trois têtes – un chasseur dangereux à distance -, une très fine au port plutôt altier, sous forme humaine, qui psalmodie et dont les mains luisent – une sorcière, imprévisible -, un autre sous forme humaine, assez grand aux cheveux de feu et qui vient de dégainer une fine lame noire – un maître d’arme, vraisemblablement celui qui cherchera à m’affronter en premier – et enfin une toute jeune sous forme de louve et non de lycanthrope. Elle me regarde avec des yeux fous et qui dit :
«
- Maître, maître, je peux me le faire. Il a pas l’air dangereux.
- Attends, répond le maître d’arme, il est plus redoutable qu’il en a l’air.
- Quoi, quoi, vous ai pas entendu, maître ! Allez, j’y vais, j’vais croquer du vampire.
- Non, novice, reviens ! »
Elle me fait rire, une jeune qui maîtrise à peine ses transformations. Mais elle reste un ennemi. Elle bondit. Un rapide coup de ma lame. Elle est meilleure que je ne le pensais, elle a entamé une esquive juste avant d’être touchée. Au lieu de lui trancher la tête, elle n’a que l’épaule fracassée, la force de l’impact l’a faite s’écraser dans deux de ses congénères.
La brute s’élance, plus rapide que prévue. Mais moins que ma lame… qui la touche au cou mais l’entaille à peine, sa résistance est ahurissante. Ses griffes manquent me transpercer la mâchoire mails elles me laissent une profonde balafre. Ma deuxième attaque trouve la colonne, je touche entre deux vertèbres, fouille avec ma lame de haut en bras les brisant. Elle hurle de douleur. Je retire ma lame, attrape mon adversaire et la lance sur plusieurs lycanthropes qui s’effondrent sous une telle masse. Je crois en avoir fini, mais elle se relève.
Je sens le danger venir de derrière moi. Je me retourne et vois le maître d’arme s’avancer lentement, la lame dirigée vers le sol. Il m’a laissé tout le temps de me préparer. Il me sourit, c’est le signal de son attaque. Il s’élance et je lève mon arme pour contrer la sienne maintenant levée. Je ne suis pas encore au contact qu’un flot de flammes noires jaillisse de son épée, carbonisant le lieu où je me trouvais, il y a quelques secondes. Nos fers se croisent –il est rapide, très rapide, j’ai du mal à suivre ses mouvements. J’utilise alors une partie du don de Claire, mes yeux s’illuminent un instant comme deux soleils. Il est ébloui, je frappe, il a une ultime parade qui dévie mon coup. Je l’atteins à la hanche et je la lui brise. Il recule prestement.
Le chasseur agit alors. Ses pilums et javelines sont lancés avec une précision extraordinaire et des trajectoires insolites – il semble les guider par sa volonté -. Mais je reste trop rapide. J’évite puis j’attrape ses traits que je lui renvoie.
La brute agit alors, elle se met devant lui et brise de ses griffes mes contre-attaques. Et ce qu’elle ne peut briser, elle l’encaisse, faisant rempart de son corps.
Cela se profile mal. Individuellement, chacun est largement à ma portée. Mais s’ils se battent en équipe. .. La sorcière intervient et les pilums se multiplient –des illusions bien sûr mais impossibles à distinguer-. Je dois tout éviter.
Le maître d’arme revient. Ma marge de manœuvre est réduite, à cause de ces damnées illusions. Pas la sienne, il est régulièrement transpercés de javelines illusoires –il sait ce qui est réel ou pas-. Privé de ma mobilité, j’esquive moins bien ses attaques, jusqu’au moment où l’une me touche. Je suis solide et la blessure n’est pas sérieuse. Mais cela m’a étourdi un instant, suffisamment pour que la brute me frappe de ses coups puissants.
Là je sais que j’ai perdu. Je me suis cru si fort que je n’avais rien à craindre des loups-garous. J’avais tort. Ma dernière vision est celle d’un patriarche. Sa tête est trop grande pour son corps émacié. Il est en partie loup mais sa fourrure vieille et tachée semble tomber par plaques. Ses yeux sont jaunes et brillants et son sourire est carnassier.
Et j’entends sa voix forte et assurée avant de sombrer dans les ténèbres.
« Bienvenue à toi Azhrarn. Je suis Locki, le chef de la meute des Templiers. Je crois que tu vas aimer ton séjour parmi nous ».

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MessageSujet: Re: Azhrarn - L'insoutenable pureté de la neige ensanglantée   Mer 21 Nov - 3:16

-*-


Locki, le meneur de la meute des templiers se nettoyait les mains sur son tablier brunâtre. Le sang frais vermillon se mêlait aux tâches pratiquement noires des tortures passées. Il était de bonne humeur et sifflotait gentiment.
« Tu es brave et peut-être le vampire le plus résistant que j’ai rencontré. Mais la torture est un art subtil. Et nul ne résiste à l’art. Une musique harmonieuse ou une peinture éclatante, ya rien de mieux comme plaisir. Qui peut y résister ? Personne. L’art, mon ami, l’art est la plus enivrante des choses en ce monde. On ne peut y résister.
Tu voudrais me crier ton accord avec mes délires. Ou peut-être simplement de douleur. Mais c’est difficile sans langue, n’est-ce pas mon petit Azhrarn. Mais c’est l’heure de ma petite pause. Il y a du merveilleux dans la bière, la fraicheur, le gouleyant et la petite pointe d’amertume pour marquer le palais. Rien de tel que l’alcool pour enflammer l’inspiration d’un artiste. En plus là, je suis sûr d’être tranquille. Odin ne me dérange jamais lorsque je torture quelqu’un. C’est d’ailleurs bien le seul moment, enfin c’est mon maître.
Exquise torture et exquis cobaye que voilà ! Tu te demandes peut-être le but de cela. Tu ne vas pas tarder à comprendre. Pour l’instant tu n’en es qu’au premier stade, la torture physique. C’est déjà assez compliqué à maîtriser, mais je pense y exceller aujourd’hui. Un quart d’heure m’a suffi pour transformer un terrible vampire en une boule de nerf larmoyante. D’ailleurs, y en un qui dépasse, l’oculaire, je crois bien. Je plaisante, je sais bien que c’est l’oculaire, un bon tortionnaire connait bien l’anatomie.
Où en étais-je ? Oui, la torture physique. Comment expliquer ? Elle est à la torture de l’esprit ce que l’esquisse est au dessin. Ca peut donner de belles choses en soi mais ce n’est qu’un premier stade.
Passons-donc au suivant. Si tu ne veux pas, n’hésite pas à le dire. Oh excuse-moi, c’est vrai que ta langue est dans ce seau. Bon je devrais arrêter, je sais que mon sens de l’humour est assez déplorable. Voyons donc. Ah oui, les choses sérieuses, montre-moi donc ton crâne. »
Le vieux lycanthrope s’approcha de la masse sanguinolente qu’était le vampire Azhrarn. Il tendit le doigt vers le front dégagé, et étonnamment indemne, du vampire. Un léger crissement se fit entendre, le sang perla du crâne en train d’être scié.
« Voyons-donc ce qu’il y a là-dedans, dit le loup garou en plongeant les griffes dans la masse cervicale. Voyons à quoi ressemble tes cauchemars.»



Azhrarn qui hurlait intérieurement depuis des heures, ne ressentait plus rien. Il était dans un rêve, il le savait. Il n’était plus dans la chambre de torture et son corps n’avait plus aucune blessure. Il reconnaissait les lieux. Il était sur une colline, à peu de distance du couvent, visible à l’horizon, là où il avait rencontré Claire. Il y avait une différence, une gigantesque statue d’Odin, en face de lui.
Il entendait des pas légers derrière lui, la chaleur d’une présence. Et la voix de Locki se fit entendre.
« Oui, Azhrarn, la personne qui est derrière toi, est bien l’une des rares personnes à qui tu as tenue. Une humaine, quel mauvais goût pour un vampire tel que toi. Oui, mon petit Azhrarn, il s’agit bien de Claire, ta Claire. »
Azhrarn se retourna pour la voir.
« Mauvais choix, pour vivre heureux, il faut contempler Odin. »
Azhrarn sentit son épaule être broyée. Et derrière Claire apparut Locki qui, d’un coup de poignard, lui trancha les jarrets. Elle s’effondra en hurlant. Il essaya de se lever, sa hanche se brisa.
« Je te l’ai dit, regarde Odin »
Le vampire se retourna vers la statue. Ses blessures le firent moins souffrir. Les cris derrière lui s’étaient tus.
Il s’élança vers l’arrière pour tomber sur le tortionnaire de Claire. Son regard avait à peine quitté la statue d’Odin qu’une veine de sa cuisse gonfla et éclata dans un flot de sang et de douleur. Il eut à peine le temps de voir Claire prendre un coup de poignard dans le ventre que le lycanthrope faisait monter lentement en zigzag. Il hurlait de douleur, se trainait dans l’herbe et désespérément, reposa les yeux sur la statue d’Odin.
« J’espère que tu as compris maintenant, petit Azhrarn. Tu vas bien regarder la statue. Je suis même sûr que tu as peur de la quitter des yeux et tu as raison. C’est moi Locki qui contrôle ce rêve. Et il va durer une éternité ou jusqu’à ce que tu aimes le dieu Odin.
Aimes-tu le dieu Odin, vampire ? Est-il ton seigneur et maître ? »
Azhrarn ne répondit pas. Il sentit sa colonne se tordre et il hurla de douleur. Derrière lui, Claire avait recommencé à hurler.
« Aimes-tu le dieu Odin ? Est-il ton seigneur et maître ? »
« Oui, répondit Azhrarn. »
Il sentit qu’on lui arrachait les oreilles et le cuir chevelu. Il hurla à nouveau, accompagné des cris de Claire.
«
- Oh, Azhrarn, tu croyais qu’un petit mensonge allait te permettre de t’en sortir. Comprends-tu ? Cet enfer pour toi et ton amie ne cessera que lorsque que tu répondras sincèrement à cette question. Il n’y a vraiment que dans les rêves qu’on peut torturer les morts. Alors dis-moi. Aimes-tu le dieu Odin ? Est-il ton seigneur et maître ?
- Autant que pour toi, cher Locki.»
Azhrarn s’était levé. Claire avait disparu. La colline entière était parsemée de statues d’Odin. Et Locki détourna les yeux, il ne supportait pas de les voir.
«
- Non Locki, je ne suis pas dans mon cauchemar, mais dans le tien. Qui est également ta vie réelle. Si puissant que tu sois, si respecté que tu sois par ta meute de templiers, tu ne demeure qu’un ver soumis au bon plaisir de l’ancien Odin. Ais-je tort ?
- Si je m’attendais à cela, dit Locki interloqué. Tu connais également la science des rêves.
- Oui. Je reconnais que mon plan initial de vaincre Odin par la force brute et la surprise n’était pas des meilleurs. Mon plan de secours était de te rencontrer Locki. Je te le demande Locki, aimes-tu Odin l’ancien ?
- Tu as raison, Azhrarn. Mon rêve serait d’être mon propre maître. Mais cela reste un rêve. Le dieu Odin est mon seigneur et maître et même si mon esprit est libéré de son emprise, ce n’est pas le cas de mon corps. Je mourrai instantanément si je me dressai contre lui. Le Tueur de Vampire en a fait l’amère expérience récemment. Bien, revenons à ton cauchemar, cela va se révéler plus difficile que prévu. Tu as beau connaître cette science des rêves, je suis persuadé d’être meilleur que toi. Allez, on recommence.
- Attends Locki, tu réussiras sûrement à me surpasser. Mais tu n’as pas écouté ce que tu as dit. Tu es tenu par un serment sous peine de mourir. Mais tu sais comme moi que les serments sont spécifiques. Tu aimes et sers le dieu Odin sous peine de mort, est-ce bien là la lettre de ton serment ?
- Pas tout à fait mais cela est très proche. »
Mais Locki, le seigneur des Templiers ne regardait plus Azhrarn. Il ne regardait que la statue du dieu Odin. Le loup-garou avait des yeux d’enfant en la contemplant. Des yeux joyeux et plein d’avidité à la pensée du somptueux cadeau qu’il allait s’offrir.

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MessageSujet: Re: Azhrarn - L'insoutenable pureté de la neige ensanglantée   Ven 23 Nov - 0:06

respect....

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MessageSujet: Re: Azhrarn - L'insoutenable pureté de la neige ensanglantée   Jeu 27 Déc - 0:34

La bûche crépitait gaiement, libérant des flammèches endiablées. Le bois avait une odeur de miel, de caramel, il noircissait. De son flanc tombaient des plaques de charbon fumantes qui s’écrasaient dans la neige la faisant grésiller.

Harald Blatand s’approcha, une torche à la main. Il l’enflamma au contact des flammes. La nuit était noire, transpercée par une pleine lune blafarde mais qui semblait être goulument avalée par les dernières ténèbres précédant l’aurore. Seul le visage du roi du Danemark était visible. A la lumière de la torche, il avait pris une teinte dorée.

Harald s’humecta les lèvres. Il sentait autour de lui les cœurs de ses trois milles hommes, berserkers, housecarls, guerriers, archers et même paysans. Ils battaient au même rythme, celui de la peur et de la colère. Harald était leur chef de guerre, il savait que la colère devait l’emporter s’il voulait triompher.

Il revoyait les babines jaunes des monstres, leurs fourrures grises maculées du sang des hommes, leurs yeux de loup si petits comparés à leurs faces bestiales. Ces créatures qui se nourrissaient de la chair des hommes et des innocents. Il était folie que d’ignorer la peur de tels êtres de muscles et de mort. Mais au lieu d’arrêter les bras vengeurs, il allait l’utiliser afin d’alimenter la haine, la colère qui décuple les forces et les sens.

Avant de parler, il jeta un œil sur le côté. Il regarda brièvement une adolescente qui jouait avec un petit chat. Elle aimait être appelée Aileen mais elle était également connue sous le nom d’Hécate, l’antique déesse de la magie des Grecs, l’Ancien qui s’était mise au service des hommes.
Il leva la torche et dit « POUR l’HOMME !!! ».

Trois milles hurlements lui répondirent, l’armée danoise s’élança.
Elle allait anéantir la meute de loups-garous qui se faisait appeler l’Ordre des Templiers, ainsi que leur maître, le dieu Odin.


-*-


Je regarde Locki alors qu’il me traîne devant son seigneur, Odin l’Ancien.
Ce dernier ne me remarque même pas, il sait que je ne suis pas un danger pour lui. Il observe l’extérieur où les hordes humaines se brisent sur les lycanthropes. Il sourit mais je ne manque pas le léger tressaillement. Malgré leurs pertes, les hommes continuent à attaquer et, déjà les plus faibles des Templiers sont tombés.
Je lève la tête et braque mes yeux plein d’adoration sur Odin. A mes côtés, Locki ne peut s’empêcher de glousser de plaisir.

«
- Alors Locki, qu’en est-il de notre invité ?
- Le terrible Azhrarn ? Oh Odin, le dieu que je sers, Azhrarn ton ennemi n’est plus. Je te présente Azhrarn ton disciple. Mon art a encore fait des merveilles, je ne me suis pas contenté de le briser mais je l’ai remodelé pour en faire ton dévoué serviteur.
- Vraiment Locki. Pourtant il me reste quelques doutes. Les vampires sont prompts à la fourberie, ils sont capables de masquer leurs véritables sentiments. Après tout ne sont-ils pas les enfants des Anciens ?
- Je vous le garantis, oh divin Odin. D’ailleurs il lui suffit de prêter serment comme tous les templiers l’ont fait. Il ne pourra ainsi jamais vous trahir.
- Cela serait amusant. J’imagine déjà la jalousie de Sobek. Approche Azhrarn. »

La tête baissée, je m’avance. Je lève les yeux vers le visage de mon ennemi. Je sens une vague affluer en moi, l’immensité de son esprit me submerge. Il est Odin le Divin, il s’abreuve à la source même de la sagesse, son œil unique contemple le monde et l’âme de chaque être.
Il est Odin l’omnipotent, il est Odin l’omniscient. J’entends sa voix, elle emplit l’air, roule comme le tonnerre, engloutit l’air, elle est palpable, dure comme l’acier. Chaque fibre de mon être entre en résonnance avec les paroles divines.

« Désires-tu de toute ton âme, de tout ton corps, servir pour l’éternité le divin Odin ? »
J’entends un gargouillis, qui n’est que ma propre voix, répondre oui. Et je sais également que jamais je ne pourrai m’élever contre le dieu Odin. Et je ris en moi-même.
Locki et moi sommes aux côtés d’Odin. Nous contemplons les combats. Odin fronce un sourcil, il semble légèrement inquiet.

«
- Jamais je n’aurai pu imaginer qu’Harald pouvait se révéler si dangereux. Ses hommes meurent par dizaines et pourtant ils continuent à avancer. Locki, que font tes Templiers ? Pourquoi faiblissent-ils ?
- Divin Odin. Je ne comprends pas, répond Locki. N’avais-tu donc pas prévu tout cela ? Ta clairvoyance ne te permet-elle pas de tout prévoir ?
- Locki, oserais-tu te moquer de moi ? Comment peut-on prévoir que tes Templiers ne seraient pas à la hauteur ? Je vous ai entrainés, offert des pouvoirs, fait de vous… Ah je ne pensais pas que vous puissiez vous faire vaincre par des humains.
- N’êtes-pas vous donc pas omniscient, seigneur Odin ?
- Qu’est-ce qu’il t’arrive Locki ? Pourquoi me poser ces questions ? Redeviens le chef de la meute des Templiers et mène-les au combat. »

Locki vient de frapper Odin au cœur.

« Faux dieu, tu n’es pas omniscient et je sais que tu n’es pas immortel. Azhrarn, c’est à toi. »

Stupide Odin, ta vanité t’a perdu. Pour ta gloire, tu voulais absolument qu’on serve le dieu Odin. Et tu n’es pas un dieu, peut-être l’un des plus puissants mortels mais pas un dieu. Et un serment n’est valable que si tous les termes sont remplis.
Je te frappe au cœur et je fais appel à ce don que Claire m’a donné. Les Anciens sont les pères des vampires et, comme nous, ils craignent le soleil. Bien sûr avec le temps, nous avons renforcé notre peau, érigé des barrières de volonté et de sang qui nous protègent.
Mais cela est-il efficace lorsque je frappe, comme Locki, en plein cœur ? Et que j’invoque le soleil avec mes mains. Elles brûlent à moitié, étant donné l’intensité de ces feux. Mais toi Odin, qui a un soleil en toi, en plein milieu de tes chairs, près de ton cœur, tu brûles, tes organes internes s’embrasent. Paradoxalement, c’est ta peau qui dure, elle forme une enveloppe vide qui finit par noircir et se disperser à l’air.
Odin n’est plus.

Après, le chaos. Une orgie de batailles entre les hommes, les loups-garous et les vampires. Ils sont deux à venir me prêter main-forte, à m’aider à fuir ce lieu, deux futurs compagnons d’arme, Majestic et Magendra.

-*-


Les humains ont triomphé. Quelques templiers ont survécu mais la plupart sont morts. Comme Locki, il sourit car il a accompli son rêve – être le maître de la meute – mais cela n’a duré qu’une brève période. Sa tête se calcine dans l’immense bûcher qu’ont érigé les Danois. Qui, après avoir pleuré leurs morts, finissent par partir.
Dans la neige traîne un tas de poussière. Elle n’a pas osé bouger, elle a contenu sa faim. Elle aurait pu se nourrir et se reconstituer mais elle aurait été trop faible. Elle aurait été une proie facile.
Tout n’était maintenant qu’une question de patience. Qu’un être au sang chaud vienne et la poussière pourrait redevenir un ancien. Bien sûr, dans ce désert de neige, cela nécessitait du temps.
Mais l’être qui vint, ne pouvait être absorbé. C’était également un Ancien, qui se mit à rire en collectant la poussière, la plaçant dans un sac hermétique.
Aileen, Hécate, se mit à danser et à chanter doucement.

Contemplez le destin d’Odin l’Ancien.
La démesure fit de lui Odin le Divin.
Il éveilla, pour son plus grand chagrin,
La colère et la force des humains.

Il a ri du Danois et de ses trois mille humains,
Pour l’éternité, il ne sera plus que cendre,
Poussière qui pense, quel beau destin,
C’est celui qui attend tous les Anciens.
Au même tour, nous nous ferons tous prendre,
Car plus nombreux sera l’homme demain.

Pleurons ensembles, lycans, vampires, anciens,
Hier nous nous sommes tant amusés de notre gibier,
Qu’il n’éprouvera jamais pour nous aucune pitié,
Il nous emmènera tout sanguinolent à notre fin.


Elle dansa encore et encore, piétinant la neige ensanglantée, faisant tournoyer le sac où les cendres d’Odin allaient passer l’éternité, à penser et sombrer dans la folie.


Notes sur Harald Blatand

Harald Ier Blåtand à la dent bleue (910-986) est roi de Danemark en 940.
Fils de Gorm « le Vieux » et de Thyra Klacksdotti, il impose le christianisme dans son royaume, fait la conquête du sud de la Norvège et combat les Vendes.
Blå, « bleu » en ancien suédois veut dire « noir » ; bleu tirant sur le noir. On peut ainsi supposer que le roi Harald avait les dents gâtées, ce qui lui aurait valut son surnom ; ou bien que, friand de petites baies de couleur violine (airelles), il en consommait à outrance, ce qui avait la particularité de colorer la langue, le palais et les dents d'une couleur bleutée.

Anecdote : Plus récemment, un consortium d'industriels a utilisé ce surnom comme marque d'une norme de communication sans fil entre objets : le système Bluetooth (« dent bleue » en anglais). Le logo de ce système est d'ailleurs inspiré des initiales runiques du roi Harald Blatand.

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MessageSujet: Re: Azhrarn - L'insoutenable pureté de la neige ensanglantée   Jeu 27 Déc - 0:43

Grandiose, je ne m'en lasse pas de study

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MessageSujet: Re: Azhrarn - L'insoutenable pureté de la neige ensanglantée   Jeu 27 Déc - 0:55

merveilleux mon cher az .. comme d habitude ....

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MessageSujet: Re: Azhrarn - L'insoutenable pureté de la neige ensanglantée   Jeu 27 Déc - 1:00

Merci Dav, Prince.

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MessageSujet: Re: Azhrarn - L'insoutenable pureté de la neige ensanglantée   Jeu 27 Déc - 13:00

Vraiment une pure merveille Oo !!
Magnifique travail !!!!
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MessageSujet: Re: Azhrarn - L'insoutenable pureté de la neige ensanglantée   Jeu 27 Déc - 13:29

que du bonheur ce rp Smile bravo Az

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MessageSujet: Re: Azhrarn - L'insoutenable pureté de la neige ensanglantée   

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