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 Azhrarn - Une nouvelle du passé - Claire

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Azhrarn
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MessageSujet: Azhrarn - Une nouvelle du passé - Claire   Sam 21 Avr - 20:32

« Quel dommage ! Un jeune vampire si prometteur. La servitude te va donc si mal, petit Azhrarn, pour que tu te rebelles et tentes de t’emparer du pouvoir.
Certes, tu es puissant mais de là à prétendre abattre un des êtres à qui on a consacré des temples, il y a un gouffre que tu n’aurais pas dû tenter de franchir.
J’accepte de t’affronter seul à seul afin de montrer à tous le sort de ceux qui oseraient lever les yeux sur un Ancien. »

Azhrarn s’élança de toutes ses forces contre son adversaire. Il le fixait intensément afin de prévoir la moindre de ses réactions ; il guettait le tressaillement du poignet, un cillement de l’œil, une respiration un peu plus appuyée. Mais là où se dressait l’Ancien, il n’y avait plus que le vide. Il entendit une respiration, une voix, l’ennemi était derrière lui.

« Surpris, Azhrarn, cela s’appelle l’ubiquité, l’art d’être instantanément en un ou plusieurs autres lieux, d’échapper à ses ennemis. »

Azhrarn pivota sur place, avec une vitesse vertigineuse, sa lame, frappant de bas en haut, se brisa sur son ennemi.

« C’est le premier de mes pouvoirs, une peau d’une incroyable résistance. C’est pour cela que moi Sobek fus surnommé le crocodile car aucun trait, javeline ou épée ne pouvait me blesser. Mais cela suffit, Azhrarn, ta révolte a tourné court, le temps de ma justice est venue. »

Sobek prit ses griffes de vengeance et frappa Azhrarn au niveau de la gorge ; un flot de sang jaillit, l’entaille commença à guérir mais un bout de griffe de Sobek resta fiché empêchant la cicatrisation totale. Le sang continua à couler.

« Ton hémorragie ne cessera pas, jeune vampire, tu vas te vider lentement mais sûrement de ton sang. Il te faudra peut-être des semaines, des mois ou des années pour en mourir définitivement. »

Le deuxième coup de Sobek atteignit Azhrarn dans le dos, au niveau de la colonne vertébrale.

« Te voilà paralysé, incapable du moindre mouvement. Bien sûr, beaucoup de sang te permettrait de guérir mais dans ta condition - tu as déjà du mal à t’empêcher de trop en perdre - cela m’étonnerait que tu puisses faire quelque chose. »

Le troisième coup fut donné entre les deux yeux, un des ongles acérés de Sobek perforant le crâne et blessant le cerveau lui-même.

« Pour parfaire ton châtiment, j’ai frappé ton âme. Tu as tout oublié Azhran, ton passé, tout, excepté ces derniers instants. Tu vas mourir en ne pouvant te rappeler que la détresse et la terreur que tu ressens à cet instant, les seuls souvenirs qui berceront ton lent trépas. Emmenez-le et qu’on lui fasse une belle tombe. »


-*-



Je repose au fond de l’eau. Et Sobek a été fidèle à sa parole, je ne me souviens que du combat et de rien d’autre. Mes seules autres pensées tournent autour de ma condition actuelle.

L’eau a depuis longtemps balayé mes vêtements. Je ne sais pas depuis combien de temps, des années sûrement. Je tousse continuellement, ma gorge me fait mal, j’essaie d’expulser l’eau de mes poumons, d’empêcher cette noyade éternelle, sans succès.

Parfois l’eau est un peu plus froide ou chaude, j’imagine que les saisons avancent. Ma gorge brûle toujours, je sens le bout de griffe qui s’agite, déchirant un peu ma chair et mon sang qui continue à fuir mon corps. Parfois lorsque le courant change, je peux sentir le goût salé et de fer de mon liquide vital, mais cela est si rare.

Mes muscles se sont atrophiés, ma chair s’est racornie. Par endroit, ma peau usée par l’eau a cédé, révélant parfois de l’os friable. Ma paralysie s’est estompée mais je suis si faible que je ne peux écarter les poissons qui viennent se nourrir de mon corps. Je peux à peine bouger un doigt. Des algues m’ont recouvert et je ne peux m’en débarrasser.

Tout est si long, si douloureux.

Pourquoi Sobek ? J'espère qu'un jour tu connaitras le même sort.


-*-



Le couvent avait été abandonné des années auparavant. Le toit s’était en partie effondré et rien n’empêchait le vent ou la pluie de s’engouffrer dans le bâtiment. Les grands murs étaient par contre intacts et avaient été très utiles lors de la dernière incursion des Saxons.

Les habitants du village avaient pu se réfugier en ce lieu et combattre les maraudeurs. Après avoir perdu plusieurs de leurs hommes, ceux-ci partirent en emportant leur butin. Depuis le couvent avait été aménagé, on y avait stocké de la nourriture, quelques armes et on avait renforcé les portes. Certains avaient même voulu y habiter mais comme on prétendait que le couvent était hanté, il n’y eut que peu de volontaires.

Jusqu’à l’arrivée de trois femmes, trois folles qui n’avaient pas peur des esprits.

Elles s’installèrent dans le couvent et s’occupèrent de le maintenir prêt en cas de nouvelle incursion des barbares. On les disait sorcières, ce qui était faux, en tout cas pour la jeune femme. La plus âgée, une vieillarde, passait son temps à filer sur un vieux métier à tisser. Personne ne savait d’où elle tenait son fil qui était de très bonne qualité. Bientôt le village entier se promenait avec des habits luxueux. La plus jeune, à peine une adolescente, passait son temps à courir avec les chats sauvages et les oiseaux.

Et la troisième était une jeune femme qu’on appelait Claire. Elle était la plus normale des trois, adorait l’eau et pêcher à toute heure. Sa maladresse était légendaire, elle ne fut donc pas étonnée lorsqu’elle glissa et se retrouva à l’eau. C’était une bonne nageuse mais cette nuit-là, le lac ne voulait pas qu’elle remonte à la surface. Elle commença alors à s’enfoncer sous les eaux.


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Archiduc Magendra
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MessageSujet: Re: Azhrarn - Une nouvelle du passé - Claire   Sam 21 Avr - 23:49

bounce comme d'hab, j'adore et attends la suite avec impatience

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MessageSujet: Re: Azhrarn - Une nouvelle du passé - Claire   Dim 22 Avr - 17:49

Je sens que je vais devenir une grande admiratrice vampirique de vos RP Azhrarn. J'ai très aimé celui ci ainsi que les autres.

Vampiriquement Comtesse Amy
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Azhrarn
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MessageSujet: Re: Azhrarn - Une nouvelle du passé - Claire   Mer 25 Avr - 20:22

Azhrarn n’était plus qu’un squelette décharné, recouvert d’une peau parcheminée qui s’était effritée par endroit. Seuls subsistaient les yeux, profondément enfoncés dans les orbites. Claire avait tout d’abord pensé qu’il s’agissait d’un cadavre mais après avoir passé une bougie devant les yeux et les avoir vus ciller, elle savait que cet homme était vivant. Pourtant il ne respirait pas, n’avait pas de battements de cœur.
Elle n’avait eu aucun mal à le transporter jusqu’au couvent. Elle l'avait déposé sur une couche à côté du feu. Transie par son séjour dans le lac pour repêcher Azhrarn, elle passa dans sa chambre se sécher.
Aleen, l’adolescente, était pratiquement muette. Ce n’est pas qu’elle ne pouvait pas parler, c’est plutôt qu’en règle générale, elle ne voulait pas parler. Elle préférait s’amuser avec les chats sauvages qui lui indiquaient les endroits de cueillette. Comme chaque soir, elle revint au couvent, les bras chargés de baies et de champignons. Elle était accompagné d’un énorme chat noir, tenant plus du molosse que du paisible félidé. La jeune fille s’arrêta net en voyant le vampire si mal en point. Elle resta de longues minutes à l’examiner.
Le chat la regarda puis porta un regard inquisiteur sur Azhrarn. Il s’approcha doucement, donna un léger coup de patte sur le tibia du vampire ; enhardi, il sortit les griffes et enleva un bout de peau. Il commença à grimper précautionneusement sur le corps comme s’il avait peur de briser un os sous son poids. Il ronronna en escaladant le torse et s’approcha de la bouche béante dans laquelle il déposa son cou.
Les canines brillantes surgirent et s’abattirent sur l’animal qui eut quelques soubresauts lorsque sa gorge fut broyée. Le vampire aspirait tout, le sang, la fourrure, les os, il se goinfra de la vie du chat. Son corps se mit à renaître, les joues se remplirent, les muscles se formèrent, les cheveux noirs poussèrent. Sous l’impassible regard d’Aleen, Azhrarn reprenait vie. Il était désorienté et le sang absorbé était loin d’être suffisant. Il vit la jeune fille et leva le bras en une pique mortelle. Il allait frapper lorsqu’il entendit une femme hurler « Mais nous t’avons sauvé !!! ».


-*-


J’ai mal. La voix de cette femme résonne en moi. Elle me perce les tympans, s’engouffre dans mon crâne. Je sens chacune de mes veines palpiter et je contemple cette fontaine de sang devant moi. Je devrais oublier cette voix, cette fille qui me regarde de ses yeux verts peut me redonner vie. J’ai si faim. « Mais nous t’avons sauvé » résonne en moi. La femme n’est pas loin avec un visage horrifié. Je ne peux pas. Je souffre mais je bouge, j’ai l’impression que ma rotule va déchirer la peau qui l’entoure, que mes côtes perforent mes poumons. Mais il y a encore quelques heures, je ne sentais plus rien, rien d’autre que la folie de mon agonie. J’ai mal mais je suis vivant. Je ne dois pas rester ici sinon je ne pourrai pas me contrôler, j’ai si faim, je veux du sang.
Je cours et m’éloigne, mes nerfs hurlent, les tendons s’emmêlent, mes os se fracturent au moindre de mes mouvement. Qu’importe, que la douleur m’est agréable ! Et ce sanglier qui me charge et m’empale, il est le paradis. De mes mains, je le brise, le sang pourpre et noir jaillit et m’asperge. Chaque pore de ma peau l’absorbe, je me gorge de chair et de sang. Mes muscles s’apaisent, se renforcent, la douleur s’estompe et n’embrume plus mes esprits. Je vis et je ris.
Et suprême bonheur, un homme s’approche, une grande hache à la main. Il me sent, a un sourire et ses traits, sa peau, bruissent pour se transformer en fourrure et lycanthrope affamé. Pauvre de toi, tu n’as vraiment pas de chance car si fier que tu sois de ta force, elle n’est pas grand-chose face au vampire qui défia l’ancien. Tu es celui qui me redonnera toute ma vie.

-*-


Catrin était la dernière des trois femmes qui composaient la communauté du couvent. Elle était stupide et elle le savait. Elle ne comprenait pas quand on lui parlait, elle ne se souciait pas du monde extérieur, elle était perpétuellement perdue dans les méandres de sa folie. Elle ne servait à rien, si ce n’est à dire des choses essentielles. Lors de la dernière attaque, c’est elle qui avait suggéré que le village se réfugie au couvent, en sauvant ainsi une grande partie. Chacune de ses rares discussions, une douzaine sur dix ans, avait sauvé des vies et ramené la paix dans le village. Elle était stupide, inutile mais tous la voyait comme une sainte.
Il était donc naturel qu’elle aille parler au vampire qui venait de se réveiller.
«
- Seigneur, dit-elle, nous avons besoin de toi.
- Qui es-tu ? répondit Azhrarn.
- Une des femmes qui t’accorde l’hospitalité, seigneur. Tu nous dois au moins un service.
- Vraiment ?
- Ne t’avons-nous pas sauvé d’un destin peu enviable ?
- C’est vrai, frissonna le vampire.
- Le village est à nouveau attaqué par les Saxons. Aide-nous, cela paierai un peu de ta dette. »

Azhrarn, après la victoire contre les envahisseurs saxons, devint le nouveau résident du couvent.

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MessageSujet: Re: Azhrarn - Une nouvelle du passé - Claire   Jeu 26 Avr - 17:45

Aleen jouait près de la rivière. Elle avait creusé un petit canal dans lequel l’eau s’était déversée. Quelques oiseaux s’étaient posés et buvaient tout en chantant à tue-tête. Le nouveau chat de la jeune fille, un félin roux et efflanqué, donna un coup de patte rapide, assommant l’un des piailleurs, qu’il prit ensuite dans sa gueule et dévora.
Aleen eut une moue, d’abord affectueuse, puis réprobatrice. Elle s’approcha du chat sauvage et nettoya ses babines des débris de plumes ensanglantées. Elle le caressa ensuite sous le menton ; l’animal se mit sur le dos et agita ses pattes.
Azhrarn s’approcha doucement, contemplant la scène. Il sourit, ébouriffa les cheveux de l’adolescente, sa main glissa lentement sur le cou où pulsait la carotide. Azhrarn ferma les yeux et retira prestement la main.
«
- C’la arrivera un jour, m’sieur Az.
- Que veux-tu dire ?
- C’est la nature, m’sieur Az.
- Tu m’as sauvé la vie.
- Le jour où vous l’ferez, j’vous en voudrai pas, m’sieur Az.
- Si je m’attendais à ça !
- Rooh, le dégueulasse, il peut pas manger correctement, il a mis du sang partout sur sa belle fourrure.
- Tu ne parles pas beaucoup aux hommes, mais tu sembles comprendre les animaux.
- Trop compliqué parler avec les hommes. Les chats c’est plus simple, plus rigolo, moins ennuyeux. Y a qu’aux hommes-loups que je parle pas du tout. Trop moches les hommes-loups, sont très compliqués, très ennuyeux. Et puis méchants, pas comme vous m’sieur Az. »
Elle cessa de parler et continua à nettoyer le chat. Azhrarn resta bien cinq minutes à les regarder. Il se sentait vaguement mal à l’aise puis il décida de s’en aller.
« Un jour, j’vous apprendrai à parler aux animaux. Au revoir m’sieur Az. »
Il se retourna.
«
- Laisse la tranquille, lui dit Claire qui venait d’arriver. Elle aime être seule avec ses amis. Tu ne ferais que la déranger. Viens, accompagne-moi plutôt, on va aller se baigner.
- Vous êtes bizarre.
- Venant d’une créature de la nuit, plutôt amusant comme remarque. J’me demande d’ailleurs.
Elle approcha son visage de celui d’Azhrarn. Ce dernier était hypnotisé par les grands yeux verts et le sourire espiègle. Elle mordilla doucement la lèvre du vampire, une goutte de sang perla ; elle passa la langue dessus et avala le sang.
- Je me suis toujours demandée le goût que ça pouvait avoir.
- Boire le sang d’un vampire, c’est dangereux.
- Je suis un peu déçue, ça n’a pas l’air différent.
- Je te croyais un peu moins folle que les autres. Je me trompais. Tu n’as pas peur de moi, en fait j’ai l’impression que tu n’as pas peur de la mort.
- De la mienne ? Pourquoi avoir peur de ma mort ? Je ne veux pas avoir mal mais avoir peur de ma mort ? Non, j’aurai plutôt peur de la mort des autres, de la mort d’Aleen ou de Catrin, elles me manqueraient. Peut-être que toi aussi, tu me manquerais, Azhrarn. Quel drôle de nom ! Viens, allons nous baigner, j’espère que tu n’as pas peur de l’eau.
- C’est assyrien.»


-*-


Je me sentais bien. Stupide, désorientée mais bien. Je m’habituais à la vie dans ce couvent délabré, je me ressourçai, je reprenais des forces. Je passai de temps à autres au village ; ils avaient un peu peur de moi, le combat contre les Saxons les avait impressionnés, mais ils étaient quand même cordiaux.
Bien malgré moi, je ne les regardais plus comme du gibier mais comme des compagnons. Le sevrage de sang humain était difficile, car rien ne peut lui être comparé. Je me contentais des animaux, je n’avais donc pas vraiment de plaisir à me nourrir mais cela n’affectait en rien ma bonne humeur, ma bonhommie.

Cet après-midi là, je me trouvais à la Taverne en train de boire une bière. La trouvant un peu terne, fade, je lui ajoutai un peu de sang de bœuf pour la brunifier et afin qu’elle ait plus de goût. Les gens du village s’étaient habitués à ma recette ; cela avait un jour étonné un voyageur de passage, un marchand irlandais qui me la demanda afin qu’on puisse la goûter sur son île d’émeraude.
Un voyageur entra dans la taverne, un homme d’arme manifestement, car il portait une cotte de maille rouillée et une épée. Il n’était pas très grand, moustachu, la trentaine bien entamée, voire dépassée. Il était plutôt malingre. Il prit la place à côté de moi. Il sortit une coupe de terre et demanda :
«
- Tavernier de l’eau, s’il vous plait, pour ma coupe.
J’avais du mal à respirer. L’air irradiait autour de cet homme. Je devais pouvoir le briser comme une brindille mais je ressentais une peur que même Sobek ne pouvait m’inspirer.
- Vous y croyez vous ? reprit-il. Voilà, comme tout bon chevalier, j’étais encore engagé dans la quête de notre bon roi et vlan, voilà que je tombe sur une vieille.
Il y avait un destin chez cet homme et une force spirituelle effroyable. Je regardais sa gorge et, dès que je ressentais l’envie d’y planter mes canines, j’avais l’impression de plonger dans un torrent de flammes, j’étais tétanisé, brisé par le pouvoir de cet homme
- J’en ai marre, je tombe toujours sur des vieilles. Même pas le temps de répondre qu’elle me donne cette coupe. Et me dit, vous serez deux dans ce village à qui cette coupe convient.
Je sentais la coupe m’appeler, je savais que je ne la prendrai pas tout de suite, mais qu’un jour elle me reviendrait. J'avais besoin de parler à cet homme.
- Vous êtes un chevalier, j’ai l’impression. Et cette coupe est l’objet de votre quête. Qu’a voulu dire cette vieille femme ? Pensez vous vraiment qu’elle puisse entrer en résonnance, s’harmoniser avec deux êtres aussi différents que vous et moi ?
- … C’est pas faux.
- Comment cela ? Vous pensez que c’est possible. Si on suppose, c’est un objet mystique, vous avez un destin, je le sens en vous, je crois qu’il est important que cette coupe aille libérer le potentiel qui est en nous deux.
- … C’est pas faux. Non, ne dites rien. A ce qu’il parait, boire de l’eau de cette coupe rend immortel. Tenez, buvez, dit-il en portant la coupe à ma bouche et me faisant avaler de l’eau. Alors, ça vous a fait quelque chose, vous êtes immortel ?
- Ca ne m’a rien fait mais vous savez, moi, l’immortalité !
- J’en étais sûr, la vieille m’a raconté n’importe quoi. Cette coupe n’a rien d’exceptionnel, va falloir que je la refourgue avant de rentrer à Camelot. Non, ne parlez plus, je comprends rien à vos discours. Et puis je suis un homme d’action, faut que j’y aille. »
Encore une fois, je fus écrasé par son destin, il m’était impossible de bouger, d’essayer de le retenir. Dès qu’il eut quitté la pièce, je ne pus que pitoyablement demander qui il était.
Personne ne le savait trop, c’était un chevalier du pays, un Gallois mais il servait le royaume de Logres et était membre de la table ronde. Je savais que je ne le reverrai jamais, ce qui n’était pas le cas de la coupe.

-*-


La meute s’était réunie. Le loup meneur, Baen résuma la situation aux autres lycanthropes.
« L’un des nôtres a été tué par un vampire à moitié mort. Ce vampire a ensuite détruit des pillards saxons. Je pense pouvoir affirmer qu’il s’agit du vampire Azhrarn. En vertu de l’accord que nous avons avec le seigneur Sobek, nous nous devons d’intervenir. »

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MessageSujet: Re: Azhrarn - Une nouvelle du passé - Claire   Mer 23 Mai - 21:10

Auriez-vous perdu l'inspiration Azhran ?
Je m'attendais à lire une suite de votre RP..

Comtesse Amy
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MessageSujet: Re: Azhrarn - Une nouvelle du passé - Claire   Sam 2 Juin - 12:19

C'est du bon.

(tout simplement)
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Azhrarn
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MessageSujet: Re: Azhrarn - Une nouvelle du passé - Claire   Ven 8 Juin - 13:04

Merci Locki

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MessageSujet: Re: Azhrarn - Une nouvelle du passé - Claire   Mer 25 Juil - 18:56

Le rouge-gorge était aisément reconnaissable ; la poitrine et la face étaient rouge orangée et contrastaient avec les parties inférieures blanchâtres. Les ailes, la queue et les parties supérieures étaient d’une teinte hésitant entre le brun et le vert. Le regard par contre était acéré et sans ménagement envers le vampire. L’oiseau trépignait sur ses pattes, agitait son bec et poussait quelques piaillements, un rien narquois et dédaigneux.
Aleen n’était pas moins outrée. La jeune fille avait croisé les bras et toisait Azhrarn qui la dominait pourtant d’une bonne soixantaine de centimètres. Le regard froid le fit légèrement sourciller ; il se reprit néanmoins et poussa quelques petits cris secs et aigus en direction du rouge-gorge. Ce dernier s’immobilisa et dévisagea le vampire.
Aleen poussa un soupir d’exaspération.
«
- M’sieur Az ! C’mment vous lui parlez ? Vous croyez qui va comprendre ? C’t un rouge-gorge pas un pigeon. Faut pas roucouler, faut être sec et piailler. Avec la plupart des bestioles, ça va, vous parlez peu près. Mais l’rouge-gorge, et l’piaf en général, l’accent, l’est pas bon. Vous prendrons jamais pour l’un des leurs.
- Aleen, le fait que je n’ai pas d’ailes rend difficile que je sois confondu avec un oiseau.
- …
- D’accord je recommence… Au fait, pourquoi je dois lui présenter des excuses à ce volatile ?
- Parce que vous l’avez dérangé. Faites du bruit, vous et Claire dans les buissons, y a des oiseaux qui dorment à côté. Z’aimeriez pas non plus être réveillé.
- On est dans une forêt. Il y a toujours des animaux aux alentours. »
Elle avait tourné les talons et avait commencé à s’éloigner, un air renfrogné sur le visage.
- M’sieur Az, faut déranger personne. Bon, z’êtes devenu bon pour parler avec tous. A part qu’vous roucouler. Allez-y, crois que Claire vous attend. »


-*-


Je promenais doucement ma main sur la hanche, humide de sueur, de Claire. Je remontais ensuite sur le dos et commença à la masser. Je lui fis des rouleaux avec une certaine force, la peau et la chair se plissait et parfois cela était un peu douloureux ; une rougeur apparaissait, le sang était monté. Mais, quelques instants plus tard, le corps était relaxé. Puis je m'attaquais aux épaules et enfin au cou.
«
- Hum, continue, c’est agréable.
- Content que tu aimes ça.
- …
- Tu voulais dire quelque chose ?
- Tu vas rire. Enfin ne le prends pas mal. Je me demandais juste si tu me regardais avec désir ou avec gourmandise ?
- C’est une question stupide. Tu es une belle femme.
- Et tu en as croqué beaucoup des belles femmes ? Des plus jolies que moi.
- Mes souvenirs sont encore flous. Mais oui, j’en ai dégusté un certain nombre. Et des bien plus magnifiques que toi.
- Pour la galanterie, on a vu mieux.
- …
- …
- Désolé.
- C’est moi. Ce n’était pas très malin comme question. Dis-moi Azhrarn, toi qui est immortel, tu resteras avec moi jusqu’à la fin de mes jours ?
- Je vois que tu restes sur des questions des plus faciles.
- Ne t’inquiète pas, Catrin m’a lu l’avenir et cela ne devrait pas durer longtemps.
- Je suis censé répondre après une telle affirmation… Ecoute, je ne te promets pas de rester jusqu’à ta fin. Tout ce que je te promets, c’est qu’elle n’est pas proche, tu es sous ma protection.
- Les vampires sont vraiment comme tous les hommes, beaucoup de bravache. Mais passons à un autre sujet, je sens que celui-là te dérange.
- Les femmes ! Comment tomber dans leurs bras sans tomber entre leurs mains ?
- Arrête de plaisanter, je suis sérieuse. Tu es un vampire.
- Aux dernières nouvelles.
- Et ne sois pas ironique non plus. Faut vraiment que je sois folle. Avoir une relation avec un vampire, c’est déjà posséder un grain.
- …
- Bien, tu m’écoutes. Tu vas dire que je délire, mais est-ce que tu ne sens pas une lumière en toi ?
- Une lumière ? Je suis une créature des ténèbres.
- Je sais. Mais tu es sûr que tu ne sens pas une lumière en toi, comme un soleil.
- Ecoute. Mon pouvoir est suffisamment fort pour que le soleil ne me détruise pas. Mais chacun de ses rayons fait bouillir mon sang et sape un peu ma force.
- Pourtant on est en pleine journée.
- Parfois on peut supporter quelque désagrément pour passer un bon moment.
- C’est gentil. Mais sérieusement il y a un soleil en toi.
- Je ne ressens rien. S’il y en a un, il doit lui manquer quelque chose pour se manifester dans un vampire.
- …
- Désolé, je ne voulais pas me moquer de toi.
- Non, non, tu as raison. Il manque quelque chose.
- On en reparlera, viens, allons nous baigner.
- Je sais. Azhrarn, quand je mourrai, il faudra que tu boives mon sang. Il faut que tu ais quelqu’un en toi pour te révéler le soleil.
- Assez avec ton mysticisme. On dirait ces chevaliers superstitieux de Logres. Encore un peu et tu vas me demander d’aller chercher le Graal. Azhrarn, le gardien du Graal, cela serait ridicule.
- Tu as raison. Restons en là, allons profiter du temps qui nous reste.

-*-


Baen avait rassemblé la meute, cinq loups des plus féroces.
Il avait d’abord présenté son rapport à l’ancien, Sobek le seigneur crocodile. Il avait frissonné de dégoût lorsque celui-ci lui avait posé la main sur la tête, l’avait sifflé comme un chien et s’était amusé à lui lancer des os.
Mais les Anciens étaient les maîtres, les créateurs des lycanthropes. Et ils aimaient le rappeler. Les lycans se prétendaient les plus grands prédateurs mais au fond d’eux même, ils savaient qu’ils n’étaient que des chiens de chasse, les meilleurs peut-être, mais rien que des chiens. Ils n’avaient pas de volonté lorsque Sobek et ses pairs entraient en scène. Il se souvenait d’avoir massacré deux membres de sa meute uniquement pour leur plaisir.

Il chassait. Sobek lui avait désigné une proie, un vampire. Il savait qu'il avait élu domicile dans un couvent, également habité par trois mortelles. Il venait d’en attraper une, une vieille. Elle ne sentait pas la peur mais plutôt la curiosité, ce qui attisa la sienne. Les autres loups tournaient autour de la proie, s’amusant à donner de légers coups de pattes. Mais cela se traduisait par des os écrasés, des chairs déchirées ; pourtant elle n’avait toujours pas peur.
«
- Halte compagnons. Ne la tourmentez plus.
- Pourquoi ? Tu veux qu’on la finisse tout de suite.
- Tu n’as pas remarqué ? Elle ne sent pas la peur.
- Pourquoi aurai-je peur de vous ?
- Parce que nous sommes des lycanthropes et que nous allons te dévorer.
- Mon nom est Catrin, messeigneurs. Et je sais depuis longtemps que je mourrai aujourd’hui.
- Vraiment ?
- Oui, messeigneurs, je suis vieille et idiote mais je sais certaines choses. Vous êtes les envoyés de Sobek l’égyptien.
- Comment connais-tu Sobek ?
- Je sais que tu t’appelles également Baen, seigneur lycan.
- Il va falloir que tu t’expliques, vieille femme.
- Quel est votre plus cher désir, seigneur lycan ?
- Pour l’instant, mon plus cher désir est de dévorer un vampire du nom d’Azhrarn qui s’est caché dans les environs.
- Vous êtes cinq, d’un rang élevé parmi les chasseurs lycans. Mais Azhrarn est peut-être le plus puissant vampire existant. Vous pouvez cependant le vaincre. Mais là n’est pas ton plus grand désir, seigneur Lycan. Quel est-il ?
- Tu veux vraiment le savoir ? Soit, cela accompagnera ton agonie. Mon plus grand désir est de me délivrer... de délivrer ma race des Anciens. Mais nous n’avons pas de volonté face à eux. Mon plus grand désir est qu’ils meurent, étouffés par leurs propres entrailles et boyaux. Mais cela, je ne pourrai jamais le faire, quelque soit ma force car ma volonté s’estompe face à leur pouvoir.
- Ton plus grand désir est que les Anciens disparaissent.
- Oui, mais je ne peux rien faire.
- Seigneur, ne confond pas. Ton plus grand désir n’est pas que tu fasses disparaître les Anciens. Ton plus grand désir est simplement que les Anciens disparaissent.
- Quelle différence ?
- Réfléchis, seigneur lycan. Tu en as le désir, pas le pouvoir. Aucun de vous cinq ne l’a. Mais en ces lieux, il existe un être qui en a le pouvoir. Ou qui l’aura bientôt.
- Et le désir, l’a-t-il ?
- Pas vraiment. Il est pris au piège de la quiétude, le bonheur même, la pire de toutes les entraves. Il n’a plus la colère nécessaire, la haine…
- Assez femme, j’ai compris. Maintenant dis-moi tout ce que tu sais sur les habitants de ces lieux. »

Baen savait ce qu’il avait à faire. Il mâchouillait distraitement le bras de sa victime, pendant que les autres de la meute s’amusaient avec sa carcasse. Avec les renseignements que Catrin lui avaient donnés, tout lui paraissait très claire.

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MessageSujet: Re: Azhrarn - Une nouvelle du passé - Claire   Dim 29 Juil - 14:15

Smile splendide vite la suite...

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MessageSujet: Re: Azhrarn - Une nouvelle du passé - Claire   Mer 15 Aoû - 4:47

Qu’est-ce qu’une meute ?
Mon nom est Baen et je me demande ce qu’est une meute ? Je suis pourtant l’un des plus puissants lycans, plus terrible que les templiers rassemblés par l’Ancien, Odin. J’ai vécu toute mon existence comme membre de la meute.
Nous sommes les meilleurs, aucun vampire ne peut nous résister, que ce soient Azhrarn ou ce clan formé autour du vampire de Novgorod. Mais une meute n’est pas qu’une question de puissance ou de pouvoir. Les humains ont un concept qu’ils nomment famille mais cela n’est rien comparé à une meute. Nous sommes solidaires, nous ne formons qu’un et sommes incapables de duplicité l’un envers l’autre.

Et pourtant…

Leka est la maîtresse de l’air. Lorsqu’elle rugit, l’air se refroidit et se solidifie, paralysant l’adversaire, l’empêchant d’utiliser sa rapidité. Elle est mon amie, un temps mon amante. Mais nous avons surmonté la peine de notre séparation pour rester proches et compagnons d’armes. Et lorsque j’ai besoin de conseils, elle est toujours là.

Seneok est le maître de l’eau. Lorsqu’elle se cristallise, elle amoindrit les défauts, elle rend la pierre aussi fragile que le verre, le métal se tord et se brise. Il rend toute défense aussi inutile qu’un de ses discours. Car Seneok aime parler, parler pour ne rien dire, parler pour sortir de grandes théories sans fondement et sans intérêt. A part pour la chaleur, car jamais il ne laisse un membre du clan désemparé. Ses paroles aussi inutiles qu’elles soient, rassérènent, rassurent, et jamais le désespoir n’aura prise sur moi tant que Seneok sera un membre de ma meute, un ami des plus chers.

Ferenix est la maîtresse du feu. Lorsqu’elle flamboie, elle aveugle, intimide ; les griffes d’acier fondent tout comme les résolutions de conflit. La peur s’installe face aux lueurs dévorantes, toute agressivité s’effondre, est dévorée par les flammes luisantes, aussi brillantes qu’est Férenix elle-même. Quelle exemple elle est, et surtout pour moi. Elle m’aide à prendre à décision, à effacer les doutes, elle m’aide à agir. Elle est ma conseillère, si fidèle, si brillante et si belle.

Méter est le maître de la terre. Si placide et si présent. Il s’infiltre lentement, profitant de tous les interstices. Il ne broie pas, il effrite. Il ne détruit pas, il use. Il est lent mais inéluctable, nul être, ni chaîne, ni vampire, ne peut endurer un tel traitement, si simple mais si efficace. Et Meter en rit, son rire, sa bonne humeur, sa bonhommie, me donne courage et résolution. Il pourfend toute peur et hésitation. Il est un roc immuable sur lequel je m’appuie.

Je suis Baen, le chef de la meute, le stratège, je mène Leka, Seneok, Ferenix et Méter à la victoire. En règle générale… Mais aujourd’hui l’enjeu est plus grand. Détruire le vampire Azhrarn nous est facile. Mais nous libérer de Sobek et des anciens est bien plus difficile, pour moi, la meute, et l’ensemble des lycanthropes. Je vais donc trahir la meute, et pleurer la disparition de chacun de mes amis. Et lorsqu’Azhrarn me pourfendra, ce sera vraiment un coup de grâce, m’empêchant de pleurer sur mes compagnons disparus, la meute que j’ai trahie pour l’ensemble des lycanthropes.
Nous lycans, sommes impuissants par rapport à nos créateurs, ces anciens, Sobek le premier, pour lesquels nous ne sommes que des pions. Mais cela n’est pas le cas d’un vampire ivre de vengeance. Tu ne le sauras jamais Azhrarn, mais je prie pour que tu puisses libérer les lycans et les vampires des Anciens.


-*-


C’était une nuit de pleine lune, aux blafards rayons blanchâtres. Une de ces nuits où les âmes, si elles existent, s’abandonnent à la folie et au désespoir. Mes yeux noirs, baignés de larmes de sang, reflétaient les trainées écarlates du marais. Je ne pouvais le fixer, mes yeux s’abimaient sur le disque éclairant le ciel sombre où les nuages dansaient une farandole mortuaire.
Je ne voyais rien mais sentais le bras clair, livide, déchiqueté, parsemé des écarlates fleurs de sang, s’enfoncer lentement dans le marais. Le visage, dont les yeux et les lèvres m’avaient clamé leur amour, n’était plus qu’une plaie boursouflée. Le nez arraché, tuméfié, piétiné, avait coulé dans la fange.
Tout comme le reste du corps que j'avais couvert de mes baisers et de mon regard. Il n’y avait plus que des quartiers de chair dispersés et massacrés.
Il ne fallait pas y penser, seulement aux bons moments que Claire et moi avions passés ensemble.
La meute de loups-garou était puissante mais avait particulièrement mal combattu. Leur chef avait pour nom Baen et il les avait envoyés au massacre. Mais ils n’étaient que des pions.
Je me souvenais maintenant de Sobek l’Egyptien, leur commanditaire. Et ma haine n’avait pas de bornes. Je me réjouissais d’avance des horreurs que je lui ferai subir. Et j’oublierai ainsi mon amour pour Claire.

-*-


Sobek savait qu’il était un dieu. Mais parfois il en doutait.
Il perdait le contrôle. La meute de Baen aurait dû le débarrasser d’Azhran. Et contre toute attente, elle avait échoué. Cela était incompréhensible. Enfin Azhrarn n’était qu’un vampire, il ne pouvait rivaliser.
Plus ennuyeux était la création d’un clan en Russie. Aussi faibles qu’ils soient, un grand nombre de vampires pouvait représenter une menace et leur prince disposait, semble-t-il, d’un certain charisme.
Sobek ne comptait pas parler de ces problèmes au conseil des Anciens, ils étaient trop triviaux pour une aussi auguste assemblée. Pourtant d’autres sujets tout aussi secondaires furent abordés.
Pallas s’alarmait de l’avancée technologique des humains. Arhiman s’inquiétait plus de leur multiplication, il suggéra, ce qui fut accepté, de déclencher une peste des plus mortelles. Par le plus grand des hasards, celle-ci toucha principalement les Byzantins.
Odin eut à s’expliquer ; son armée de lycanthropes qui lui était fidèle et qui ne reconnaissait pas l’ensemble des Anciens, inquiétait.

A l’issue de la réunion, Hécate regarda Sobek avec un sourire.
«
- M’sieur Sobek, devrez faire attention. Le gars Azhrarn, l’est pas si inoffensif que ça. Pourrait vous causer des problèmes.
- Hécate, tu as une étrange manière de t’exprimer.
- Ce que, m’seigneur Sobek, mes déguisements et z’autres personnalités ont de l’influence sur moi. »


------------------------------------------------------------------------------------

Encore une fois merci à Tanith Lee et le dit de la Terre Plate ainsi qu'à Fredric Brown pour une influence plus diffuse.
La suite concernera plus la grande révolte des anciens et impliquera plus les LSD.

Titre provisoire de la suite :
" L'insoutenable pureté de la neige ensanglantée"

PS : veuillez pardonnez l'écriture approximative, cela arrive lorsu'on écrit à 3h00 du matin avec très peu de sang (ce qui est un comble pour un vampire) dans son alcool.
Tout commentaire est bien sûr le bienvenu.

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MessageSujet: Re: Azhrarn - Une nouvelle du passé - Claire   Dim 26 Aoû - 20:58

ce dernier rp est vraiment excellent AZ cheers

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MessageSujet: Re: Azhrarn - Une nouvelle du passé - Claire   

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